Outils de ma passion

 

En 1994, mon père a perdu la vue.

Cette année-là, ensemble, nous avons essayé d’apprendre le braille. Cet apprentissage fut un échec. Notre toucher était grossier, paresseux, nous en sommes restés à une compréhension sommaire.
C’est à cette période, qu’un champ d’action s’est offert à moi; avec un stylet j’ai commencé à recouvrir des cahiers de trous; une écriture étrangère pour les yeux et les doigts.

Que voit-on dans le noir?

Comment se déplace t-on dans le noir ?

Comment se déplace t-on dans un espace fermé?

Dominique De Beir

 

“Je nomme violence une audace au repos amoureuse des périls. On la distingue dans un regard, une démarche, un sourire, et c’est en vous qu’elle produit les remous. Elle vous démonte; cette violence est un calme qui vous agite...

Jean Genet
Journal du voleur - 1949

  Using peculiar tools, Dominique De Beir covers paper supports with punches.
Developing a connection between randomness and non-control, Dominique De Beir privileges the vital energy of the creative and impulsive act without any possible regrets until
the surface itself disappears for the benefit of its own dept, its own hollow.
She draws a constellation of stigmas breathing life into the raw material.
So pierced the support acquires a different relation to the space, both faces of the paper being significantly inextricable.
By the repetitive and relentless character of her actions, the artist gives to her work a ritual and choreographic dimension all together.

Gaye-Thaïs Florent
Nov 2003