Outils de ma passion


 

Dominique De Beir uses unusual tools to cover paper supports with perforations. She pursues the vital energy of her creative process and impulsive acts without constraints until the surface itself disappears for the benefit of its own depth. By the repetitive and relentless character of her actions, the artist gives to her work a ritual and choreographic dimension. Her work has been exhibited in France, the Netherlands, Italy, Great Britain, and Germany, and her works are included in a number of public and private European collections. The Museum am Oswalt in Dortmund, Germany presented her first major solo museum exhibition in 2000.
Dominique De Beir was born in 1964 in France

Mars 2009
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Les choses que je fais en ce moment ne trouvent pas une nomination précise, mais je peux au moins dire qu'elles ressemblent à des éléments de construction. Ce sont des plans d'épaisseur variable que je déplie et que j'agence, en quelque sorte une logique de l'épuisement et de la soustraction, trouver une organisation à un ordre qui se serait perdu

En regardant cet amas de cartons éventrés, de polystyrènes striés, comment ne pas avouer que je dois beaucoup au trou et à l'acte de percer.
Un événement personnel me conduisant à l'apprentissage de l'écriture braille a été déclencheur de ce processus qui se développe toujours aujourd'hui.

Plus qu'un geste opérant une blessure, cette attaque radicale correspond d'abord à un exutoire calmant,
une litanie agitée.Trouer signifie avant tout regarder autrement, agir dans les strates et les sensations de
la profondeur. Réalisées de manière pulsionnelle, ces actions "appel d'air" envahissent et creusent la
surface de manière éclatée, la matière se déplace et rend visible des effleurements, des grouillements,
des absences. Parfois, ce sont des zones de chocs et parfois des cimetières de microbes.
Les marques portées sur ces surfaces sont la représentation de mes outils en action qu'impliquent pour
chacun une mise en oeuvre particulière.

Ce sont les phénomènes d'apparition qui me préoccupe plus que le matériau lui - même.
L'ensemble garde obstinément un aspect dépouillé, simple, une forme de post minimalisme romantique.

Ma lutte avec l'image reste constante, elle n'a de réelle incarnation qu'en chute libre.
La couleur arrive elle aussi comme une adversité. Jusqu' a présent, elle s'introduisait par effraction dans les matériaux,
un carbone bleu-nuit, un polystyrène saumoné, un aluminium brillant, un papier jauni par la cire d'abeille.
Aujourd'hui, je l'affronte de plein fouet, je l'utilise comme un habillage du support, une strate supplémentaire à éplucher.
Bridget Riley, Mary Heilmann, les paysages du hâble d'Ault ne sont pas pour rien dans cette aventure...

Dominique De Beir